Journée d’études Fantasy en séries : appel à communications

Qui suis-je ? Construction et évolution de l’identité dans les séries télévisées de Fantasy

Une femme fait fac à un dragon dans un paysage qui s'étend à l'infini. Copyright : Antoine Pelloux, tous droits réservés.

Pour la première fois depuis sa création et celle de Fantasy Art and Studies, notre association, les Têtes Imaginaires, s’associe au podcast Histoire en séries pour organiser une journée d’études en ligne consacrée à la construction et l’évolution des personnages dans les séries TV de Fantasy.

Cette journée d’études se tiendra les 3 et 4 février 2023 (14h-18h).

Détail de l’appel à communications

La Fantasy accorde une place importante aux récits de formation et aux histoires de passage à l’âge adulte (« coming-of-age stories »), dans lesquels un jeune héros grandit, se forme et évolue à mesure qu’il découvre le monde qui l’entoure et qu’il est, régulièrement, amené à sauver. De Monsieur Merlin (1981-1982) à Locke and Key (depuis 2020), en passant par Goblin: The Lonely and Great God (2016) et La Légende de Vox Machina (depuis 2022), la quête confiée aux héros va de pair avec une découverte d’eux-mêmes. Les personnages ne ressortent ainsi jamais indemnes de leurs aventures, gagnant certes en maturité mais subissant aussi au fil des épreuves une série de remises en question de leurs valeurs, de leur statut et, plus généralement, de leur identité. Cette dimension évolutive des héros, et plus globalement des différents personnages de Fantasy, trouve toute sa place au sein des séries télévisées, dont le temps long offre à la narration une ampleur qui n’a rien à envier aux sagas littéraires.

La crise identitaire, ou plus globalement la quête de soi, se trouve de fait au cœur de nombreuses séries de Fantasy, où personnages principaux comme secondaires voient leurs certitudes vaciller, impliquant une reconstruction parfois lente et qui ne se limite pas à l’enfance ni à l’adolescence : dans Buffy contre les vampires (1997-2003), l’héroïne cherche à concilier un quotidien banal de lycéenne et une mission surnaturelle aux enjeux de vie et de mort ; dans Lucifer (2016-2021), le diable comme sa psychothérapeute doivent redéfinir leur rôle social à partir du moment où leur système de valeur est ébranlé ; dans La Roue du Temps (depuis 2021), adapté de la saga de Robert Jordan, les jeunes protagonistes remettent en question leur propre identité en découvrant la réincarnation du Dragon ; en 2022, la série Umbrella Academy a intégré à sa narration la transition d’Elliot Page, proposant dans la fiction une réflexion approfondie sur la quête de soi ; et l’on pourrait ainsi multiplier les exemples.

Si l’identité, au sens de statut, de nom, de genre ou même d’image, est bien souvent présentée comme une évidence au début des épisodes, les séries de Fantasy montrent à quel point il peut s’agir d’un critère mouvant. Le parcours des personnages repose sur la tentative de conciliation de leurs aspirations personnelles et des rôles que l’on cherche à leur imposer, qu’il s’agisse de prédestination, de désignation, de prophétie ou d’héritage. Dès lors, comment définir son identité personnelle lorsque celle-ci est imposée par des conventions familiales ? C’est, parmi des dizaines d’exemples, le cas des sœurs de Charmed (1998-2006 et son reboot depuis 2018) et des frères de Supernatural (2005-2020), contraints d’accepter un lourd héritage de lutte contre les forces du mal, et donc de forger leur identité au regard d’une tradition familiale. Cette définition de soi dans la lignée de ses parents n’est pas l’apanage de l’enfance, comme le montre le parcours chaotique d’Ombre dans American Gods (2017-2021), adaptation du roman de Neil Gaiman, ou celui de James dans Taboo (2017). Les obligations imposées aux héros dépassent également le seul cadre personnel, et peuvent s’avérer d’ordre politique, comme pour tous les personnages appelés à régner, y compris contre leur gré : Arthur dans la série Kaamelott (2005-2009),Elena dans Elena d’Avalor (2016-2020), Bean dans Désenchantée (depuis 2018), etc.

La question de l’identité, de sa construction et de son évolution sur un temps long et dans un cadre où la magie joue un rôle déterminant constituera le sujet central de cette journée d’études. Il s’agira de s’intéresser à la façon dont la Fantasy sérielle, tout particulièrement dans les fictions longues, interroge et (dé)construit l’identité des personnages.

Les propositions pourront porter sur des études de cas spécifiques, ou sur des analyses plus globales, prenant en compte l’articulation des questions d’identité et de représentation de la Fantasy. Les propositions pourront aborder, sans s’y limiter, les axes de recherche suivants :

  • le passage de l’enfance/l’adolescence à l’âge adulte dans les séries de Fantasy,
  • la découverte de soi, y compris vis-à-vis des questions de genre et de sexualité,
  • la (dé)construction de l’identité vis-à-vis des obligations extérieures (prophétiques, politiques, familiales, etc.),
  • la (dé)construction de l’identité en regard des relations personnelles et sociales,
  • la (dé)construction de l’identité en regard des problématiques surnaturelles (héros du Bien ou du Mal, etc.).

La journée d’études se déroulera en ligne les après-midis des vendredi 3 et samedi 4 février 2023. Les propositions de jeunes chercheurs sont notamment les bienvenues.

Les propositions de communication (.doc ou .docx), en français ou en anglais, d’environ 2000 signes, présenteront clairement une question de recherche, un cadre théorique et méthodologique ainsi que les principaux axes d’analyse envisagés. Elles seront accompagnées d’une courte présentation biobibliographique, et seront adressées conjointement à fantasyartandstudies@outlook.com et nicolas.charles2@wanadoo.fr pour le 14 novembre 2022 au plus tard.

Mise à jour : l’appel est prolongé jusqu’au 28 novembre 2022.

Comité scientifique

Viviane Bergue, éditrice de la revue Fantasy Art and Studies

Florian Besson, historien, membre du collectif Actuel Moyen Âge

Justine Breton, Université de Reims Champagne-Ardenne, trésorière des Têtes imaginaires

Nicolas Charles, co-fondateur du podcast Histoire en séries

Claire Cornillon, Université de Nîmes

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