CfP: Norse myth in Fantasy fiction/La mythologie nordique dans la Fantasy

(English version below)

Depuis la période romantique, la mythologie nordique s’est révélée une grande source d’inspiration pour les auteurs de fiction, en particulier en Fantasy. Sans conteste, nombreux sont les récits de Fantasy incluant des Vikings – ou des guerriers d’inspiration viking –, des elfes, des nains, des géants, des prophétesses. Si certains sont largement basés sur les mythes tels que nous les connaissons à travers les sources médiévales, d’autres réinterprètent et réarrangent le matériau original au point de créer des histoires complètement différentes qui ne conservent que les noms scandinaves.

J. R. R. Tolkien doit certainement être reconnu comme à l’origine de la permanence des motifs nordiques en Fantasy. En effet, le Hobbit et le Seigneur des Anneaux incluent tous deux des noms et des personnages inspirés de la mythologie nordique : ainsi l’attirail de Gandalf rappelle Odin l’Errant (Odin Ganglari), et les noms des Nains sont tirés d’une liste de l’Edda poétique. Cependant Tolkien n’est pas le premier auteur de Fantasy à se tourner vers la mythologie nordique. De 1869 à 1875, William Morris traduit plusieurs sagas, parmi lesquelles la Völsunga saga, dont il propose en 1877 une réécriture sous le titre The Story of Sigurd the Volsung and the Fall of the Niblungs. Ses romances The House of the Wolfings (1889) et The Roots of the Mountains (1890), visiblement influencés par l’univers des anciens Germains et des anciens Scandinaves, préfigurent les œuvres de Tolkien. Quelques décennies plus tard, entre 1928 et 1938, le créateur de Conan le Cimmérien, Robert E. Howard, écrit sur les Vikings dans Weird Tales et invente le pirate Cormac Mac Art qui est en relation avec des hommes du Nord.

La Fantasy des XXe et XXIe siècles poursuit cette réinterprétation du matériau nordique. Si Douglas Adams relate la rencontre entre son détective Dirk Gently et les dieux Odin et Thor de manière humoristique dans Beau comme un aéroport (1988), dans American Gods (2001), Neil Gaiman présente à ses lecteurs une galerie de dieux issus de différentes cultures qui doivent faire face aux nouvelles divinités du monde moderne. Parmi eux, Odin est le principal agent dans une guerre contre les nouveaux dieux. Dans Runemarks (2007), un roman pour la jeunesse de Joanne M. Harris, l’apocalypse a déjà eu lieu et les dieux ont perdu leurs pouvoirs.

Ce vaste corpus s’adresse aux lecteurs de tout âge et n’a pas cessé de s’étendre de plus en plus au cours des années, à travers d’autres médias. En 1979, la BD humoristique danoise Valhalla relate les aventures de Thor et Loki, tandis que le récent manga de Hajime Isayama, L’Attaque des Titans, fait référence à Ymir et aux géants. Les adaptations cinématographiques du comics de Marvel Mighty Thor transportent le dieu du tonnerre dans les États-Unis d’aujourd’hui et transforment la mythologie nordique en un univers de Science Fantasy. A contrario, Le 13e guerrier (1999, basé sur le roman de Michael Crichton, Le Royaume de Rothgar, 1976) raconte l’histoire d’Ahmad Ibn Fadlan qui voyage dans le Nord pour combattre des monstres aux côtés des Vikings. Les jeux vidéo trouvent également leur inspiration dans la mythologie nordique : la franchise Final Fantasy (Square Enix, 1987-) reprend des noms de dieux et de lieux ; Odin Sphere (2007) fait d’Odin un général.

Pour son 6ème numéro, Fantasy Art and Studies vous invite à explorer les usages de la mythologie nordique en Fantasy, que ce soit en littérature, au cinéma, à la télévision, dans la bande dessinée ou les jeux vidéo.

Vous pouvez interroger (mais non exclusivement) :

– la manière dont ces réinterprétations apportent un nouvel éclairage sur les sources médiévales

– dans quelle mesure les représentations de la mythologie nordique en Fantasy perpétuent les conceptions romantiques du XIXe siècle

– dans quelle mesure les réécritures de mythes nordiques influencent les œuvres de Fantasy récentes

– l’évolution de ces représentations en Fantasy.

Vos articles (6 pages max., soit environ 30 000 signes) en anglais ou en français sont à envoyer en format .doc, Times New Roman corps 12, interligne simple, au plus tard le 5 janvier 2019 à fantasyartandstudies@outlook.com

 

Since Romanticism, Norse Mythology has been a popular source for fiction and has especially found its way in Fantasy works. Many Fantasy stories definitely involve Vikings – or Viking-like warriors –, elves, dwarves, giants, seeresses. If some are heavily based on the myths as we know them from medieval sources, others freely reinterpret and rearrange them to completely different stories that only retain Norse names.

J. R. R. Tolkien must certainly be credited for the long-lasting presence of Norse motives in Fantasy fiction. Indeed both The Hobbit and The Lord of the Rings include names and characters inspired by Norse mythology: hence Gandalf, whose outfit reminds of Odin the Wanderer (Odin Ganglari), or the Dwarves’ names, which come from a list in the Poetic Edda. However, Tolkien was not the first Fantasy author to find inspiration in Norse myths. From 1869 to 1875, William Morris translated several sagas, including The Völsunga Saga, which he retold in The Story of Sigurd the Völsung and the Fall of the Nieblungs in 1877. His romances The House of the Wolfings (1889) and The Roots of the Mountains (1890), visibly influenced by the world of the ancient Germanic and Norse tribes, prefigure Tolkien’s works. Some decades later, between 1928 and 1938, the creator of Conan the Cimmerian, Robert E. Howard, wrote about Vikings in Weird Tales and invented the pirate Cormac Mac Art, who dealt with Norsemen.

Twentieth and twenty-first century Fantasy fiction continues this reinterpretation of Norse material. While Douglas Adams gets his holistic detective Dirk Gently in touch with the gods Odin and Thor in a humorous way in The Long Dark Tea-Time of the Soul (1988), in American Gods (2001), Neil Gaiman introduces his protagonist and readers to a countless number of gods from several cultures who have to deal with the new gods of the modern world. Among them, Odin is the main driving force in a war against the new deities. In Runemarks (2007), a youth book by Joanne M. Harris, the apocalypse has already happened and the gods have lost their powers.

This huge spectrum addresses readers of every age and has become even more extensive over the years, infusing other media. In 1979, the Danish comic book series Valhalla portrays the adventures of Thor and Loki, whereas Hajime Isayama’s much recent manga Attack on Titan, started in 2009, refers to Ymir and the giants. The Marvel movie adaptations of superhero comic books Mighty Thor transport the god of thunder to present day USA and turn Norse mythology into a Science Fantasy universe. In contrast, The 13th Warrior (1999, based on Michael Crichton’s Eaters of the Dead, 1976) tells the story of Ahmad Ibn Fadlan who travels to the North to fight monsters, alongside Vikings. Video games too find their inspiration in Norse mythology and provide it in various shapes: the Final Fantasy franchise (Square Enix, 1987-) uses names of gods and places; Odin Sphere (2007) introduces Odin as a general.

 For its 6th issue, Fantasy Art and Studies invites you to explore the use of Norse mythology in Fantasy fiction, whether in literature, movies, TV, comics, or video games.

 You might question (but not exclusively):

– how these Fantasy reinterpretations shed new light on Norse medieval sources

– whether Fantasy representations of Norse mythology and motives are still informed by 19th century romantic conceptions

– whether Norse mythology retellings influence recent Fantasy works

– the evolution of these Fantasy reinterpretations

Papers (6 pages max., i.e. about 30 000 signs) in English or French are to be sent in .doc format, Times New Roman 12 points, single-line spacing, by January 5th 2019 at fantasyartandstudies@outlook.com

Publicités

CfP Made in Japan

© Sarah Graybill, Beginning, 2012.

(English version below) 

Si Fantasy est un mot anglais, le genre de fiction qu’il désigne ne s’est pas uniquement développé dans le monde anglo-saxon mais également bien au-delà de ses frontières. Le Japon a ainsi développé une Fantasy particulièrement prolifique qui a su conquérir le reste du monde via les mangas, les anime, les jeux vidéo et les light novels.

Des Chroniques de la Guerre de Lodoss de Ryo Mizuno au studio Ghibli et aux œuvres de ses réalisateurs phares Hayao Miyazaki et Isao Takahata, en passant par la franchise de jeux vidéo Final Fantasy de Square Enix, la Fantasy japonaise oscille constamment entre les tropes de la Fantasy occidentale et le folklore traditionnel de l’Extrême Orient.

Si les œuvres de Miyazaki sont pour la plupart basées sur des romans pour la jeunesse occidentaux, la nouvelle génération de réalisateurs de films d’animation représentée par Mamoru Hosoda semble privilégier le mélange entre vie contemporaine et dimension magique ancrée dans le folklore japonais.

De même, la série de light novels de Fuyumi Ono Les Douze royaumes et le roman Les Contes du Magatama : La Fille de l’eau de Noriko Ogiwara puisent leur inspiration dans la mythologie japonaise et les récits traditionnels chinois.

Pour son cinquième numéro, Fantasy Art and Studies vous invite à explorer la richesse et la diversité de la Fantasy made in Japan. Quelle est la spécificité de la Fantasy japonaise ? Comment les industries de la pop culture japonaise parviennent-elles à créer des franchises aptes à conquérir une large audience par-delà le Japon ?

Vous pouvez aussi interroger la question des influences mutuelles entre les Fantasy japonaise et occidentale. À quel point la Fantasy japonaise est-elle influencée par des œuvres occidentales ? Inversement, comment la Fantasy japonaise (et, au-delà, le folklore, la culture et les coutumes japonaises, en particulier à travers la figure du samouraï et de son code d’honneur) influence-t-elle et inspire-t-elle la fiction occidentale ?

Tous les domaines de la pop culture japonaise sont bienvenus, du moment que les œuvres traitées relèvent de la Fantasy.

Vos articles (6 pages maximum), rédigés en français ou en anglais, sont à envoyer au format .doc, en Times New Roman corps 12, interligne simple, avant le 26 juin 2018 à fantasyartandstudies@outlook.com

 

Though Fantasy is an English word, the kind of fiction it refers to has not only spread in the English speaking world but also far beyond its borders. Among the countries that have developed a local and very rich imaginative fiction, Japan has been able to export its own Fantasy into the rest of the world through its various popular media: manga, anime, light novels, and video games.

From Ryo Mizuno’s novel franchise Record of Lodoss War to Studio Ghibli and the works of its famous directors Hayao Miyazaki and Isao Takahata through Square Enix video game franchise Final Fantasy, Japanese Fantasy has proved to constantly navigate between western tropes of the genre and traditional Eastern Asian folklore.

If Miyazaki’s works are mostly based on western Fantasy children novels, the new generation of animation directors represented by Mamoru Hosoda seems more akin to blend contemporary daily life and a magical dimension rooted in Japanese lore.

Similarly light novels such as Fuyumi Ono’s Twelve Kingdoms series or Noriko Ogiwara’s Dragon Sword and Wind Child find their inspiration in Japanese mythology and Chinese traditional narratives.

For its fifth issue, Fantasy Art and Studies invites you to explore the richness and the diversity of the Fantasy production made in Japan. What is the specificity of Japanese Fantasy? How do Japanese pop culture industries manage to create franchises that can conquer a large audience beyond Japan?

You can also consider the question of the mutual influence between Japanese and western Fantasy. How much of Japanese Fantasy is influenced by western Fantasy works? Conversely, how does Japanese Fantasy (and, beyond, Japanese folklore, culture and traditions, especially through the samurai figure and his code of honour) influence or inspire western fiction?

Papers on Fantasy works from all areas of Japanese pop culture (manga, anime, light novels, video games, movies) are welcome.

Your papers (6 pages max.), in English or French, are to be sent in .doc format, Times New Roman 12pts, single-line spacing, before June 26th 2018 to fantasyartandstudies@outlook.com

UPDATE: CfP Victorian roots/Racines victoriennes Fantasy

(English version below)

Si vous souhaitez soumettre des articles pour notre quatrième numéro consacré aux racines victoriennes de la Fantasy, il est encore temps. L’appel est prolongé jusqu’au 10 janvier 2018.

If you want to submit a paper for our fourth issue dealing with the Victorian roots of Fantasy fiction, there is still time. The call for papers is extended up to January 10th 2018.

CfP Victorian Roots/Racines victoriennes

(English version below)

 

Dans son ouvrage pionnier dans l’étude de la Fantasy en France (La Fantasy, Paris, Klincksieck, 2007), Anne Besson réfute l’idée selon laquelle la Fantasy serait aussi ancienne que les épopées d’Homère – une idée souvent défendue par les auteurs de Fantasy dans une stratégie de légitimation du genre –, et considère au contraire que le genre n’a commencé à se développer qu’à partir de l’époque victorienne, en Grande-Bretagne. Elle réaffirme cette position dans le MOOC consacré à la Fantasy qu’elle a lancé à l’Université d’Artois, et dont le sous-titre est « De l’Angleterre victorienne au Trône de fer ».

On peut difficilement nier que la Fantasy, comme les autres genres de l’imaginaire, a en effet commencé à émerger pendant l’ère victorienne, une période où le surnaturel fascinait aussi bien les écrivains que les peintres. On peut ainsi voir un lien entre la vogue de la peinture féerique au 19e siècle, étudiée par Nicola Bown dans Fairies in Nineteenth Century Art and Literature (Cambridge University Press, 2001), et le développement de ce type de fiction. Des thèmes, comme celui du départ des fées, sont traités aussi bien dans la peinture que dans la poésie de l’époque, et perdurent un siècle plus tard dans les œuvres de Tolkien. L’Autre monde féerique est exploré sur scène et dans la littérature jeunesse en plein essor. À côté des œuvres de George McDonald, la littérature jeunesse donne aussi naissance à des œuvres inclassables, tels les romans de Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles et Alice De l’Autre côté du miroir, qui demeurent encore aujourd’hui une source majeure d’inspiration pour les auteurs de Fantasy.

Le 19e siècle est aussi une période où l’on redécouvre le folklore européen. Dans le sillage des frères Grimm, les folkloristes collectent les contes de fées et se mettent à appliquer des méthodes scientifiques pour les étudier (voir à ce sujet l’introduction de Jack Zipes à Victorian Fairy Tales: The Revolt of the Fairies and Elves, New York, Routledge, 1989). La légende arthurienne n’est pas oubliée, avec, par exemple, les Idylles du Roi de Tennyson (publiées entre 1859 et 1885). De même, les préraphaélites et le mouvement Arts and Crafts s’inspirent du Moyen Âge, et les romans de William Morris préfigurent ceux de Tolkien. Les fées sont partout, et même le célèbre critique d’art John Ruskin commet un récit de Fantasy, The King of the Golden River, en 1850.

L’ère victorienne est aussi une période de transition entre le monde préindustriel et le monde moderne, et si les superstitions reculent, l’on croit encore volontiers au Petit Peuple dans les Îles britanniques, ce qu’illustrent les affaires de changelings comme celle de Bridget Cleary en Irlande en 1895, ou encore, vers la fin de la période, dans un registre moins tragique, l’histoire des fées de Cottingley à laquelle Sir Arthur Conan Doyle prend part.

Assurément l’époque victorienne fut particulièrement fructueuse pour l’émergence des littératures de l’imaginaire. Désormais, alors que d’une part la fiction néo-victorienne (qui inclut aussi bien la Gaslamp Fantasy que, côté SF, le Steampunk) prend de plus en plus d’essor, avec des œuvres comme Jonathan Strange et Mr Norrell de Susanna Clarke (récemment adaptée en série TV par la BBC), le cycle de Chrestomanci de Diana Wynne Jones, la saga Emma Bannon et Archibald Clare de Lilith Saintcrow, les Mémoires de Lady Trent de Marie Brennan, ou encore le récent cycle Shades of Magic de V.E. Schwab, et alors que d’autre part les deux films Disney en prises de vue réelles d’Alice au Pays des Merveilles et Alice de l’Autre côté du miroir transforment le célèbre personnage de Lewis Carroll en héroïne de Fantasy, il paraît judicieux de revenir aux racines victoriennes de la Fantasy. Que peuvent-elles nous apprendre sur le genre tel que nous le connaissons aujourd’hui ? Et quel héritage laissent les œuvres de Fantasy victoriennes ?

Pour son quatrième numéro, Fantasy Art and Studies vous invite donc à explorer les racines victoriennes de la Fantasy, des œuvres qui ont créé le genre à leur influence sur la Fantasy actuelle, en passant par le développement des études sur le folklore, la redécouverte des romans médiévaux et l’importance de la figure féerique durant l’ère victorienne.

Vos articles (5 à 6 pages maximum), rédigés en français ou en anglais, sont à envoyer au format .doc, en Times New Roman corps 12, interligne simple, avant le 10 décembre 2017 10 janvier 2018 à fantasyartandstudies@outlook.com

 

In her seminal work about Fantasy fiction in French criticism (La Fantasy, Paris, Klincksieck, 2007), Anne Besson refutes the idea that Fantasy is as old as Homer’s epics – a statement often defended by Fantasy writers in order to legitimate their fiction –, and argues that this fictional genre has only started to develop in Victorian Britain. This is re-affirmed in the MOOC on Fantasy fiction she has been co-running at Université d’Artois (France), and which is subtitled “De l’Angleterre victorienne au Trône de fer” (= From Victorian Britain to A Song of Ice and Fire).

It can hardly be denied that Fantasy, like other imaginative fiction genres, did indeed start to flourish during the Victorian era, a period when the supernatural fascinated writers and painters alike. We can see a connection with the vogue of fairy painting in the 19th century, that Nicola Bown studied in Fairies in Nineteenth-Century Art and Literature (Cambridge University Press, 2001), and the emergence of such fiction. Themes such as the fairies farewell are to be found both in paintings and in poetry of the time, and are still present one century later in Tolkien’s works. Fairyland is explored on stage and in the developing children’s literature. Along with George McDonald’s works, children’s literature also gives birth to unclassifiable works, namely Lewis Carroll’s Alice’s Adventures in Wonderland and Through the Looking Glass, which remain an important source of inspiration for today’s Fantasy authors.

The 19th century is also a time of rediscovery of European folklore. Following the Grimm brothers, folklorists collect fairy tales and start to apply scientific methods to study them (see for instance Jack Zipes’s introduction to Victorian Fairy Tales: The Revolt of the Fairies and Elves, New York, Routledge, 1989). The Arthurian legend is not forgotten with, for instance, Tennyson’s Idylls of the King (published between 1859 and 1885). Similarly, Pre-Raphaelites and the Arts and Crafts movement turn back to medieval influences, and William Morris’s romances prefigure Tolkien’s works. Fairies are everywhere and even the famous art critic John Ruskin publishes a Fantasy story, The King of the Golden River, in 1850.

The Victorian era is also a period of transition between the old pre-industrialised world and the modern one, and though superstitions recede, the belief in the Little People is still high in the British Isles, hence changeling affairs such as the Bridget Cleary case in Ireland in 1895, or, by the end of the period, the less ominous story of the Cottingley fairies involving Sir Arthur Conan Doyle.

Undoubtedly the Victorian era was a fruitful period for the emergence of imaginative fiction. Now, at a moment when Neo-Victorian fiction (which includes Gaslamp Fantasy, and the Steampunk subgenre in Science Fiction) has become more and more popular, with works such as for instance Susanna Clarke’s Jonathan Strange and Mr Norrell (recently adapted into a TV series by the BBC), Diana Wynne Jones’s Chrestomanci Series, Lilith Saintcrow’s Bannon and Clare Series, Marie Brennan’s Memoirs of Lady Trent, or the recent Shades of Magic Series by V. E. Schwab, and after the two live action Disney movies Alice in Wonderland and Alice Through the Looking Glass have reinvented Lewis Carroll’s famous character into a Fantasy heroine, it seems necessary to go back to the Victorian roots of Fantasy. What can they tell us about the fictional genre we know today? And what is the legacy of Victorian Fantasy works?

 So, for its fourth issue, Fantasy Art and Studies invites you to explore the Victorian roots of Fantasy, from the works which created the genre to their influence on current Fantasy fiction, through the development of folklore studies, the rediscovery of medieval romances and the importance of the fairy figure during the Victorian era.

 Papers (5 to 6 pages maximum) in English or French are to be sent in .doc format, Times New Roman 12 points, single line spacing, before December 10th 2017 January 10th 2018 to fantasyartandstudies@outlook.com

CfP Science Fantasy: new deadline / nouvelle date limite

(English version below)

L’appel à contributions pour notre troisième numéro sur la new literary Science Fantasy est prolongé jusqu’au 1er septembre. Il vous est donc encore possible de nous envoyer vos articles si vous ne l’avez pas encore fait.
Veuillez noter que cette prolongation ne concerne que les articles. Nous n’acceptons plus de nouvelles pour ce numéro.

We are extending our call for papers for issue 3 on Science Fantasy up to September 1st. So don’t worry if you are late, you can still submit your papers.
Please note that this new deadline only concerns papers submissions. We no longer accept short stories for this issue.

 

Science Fantasy: Appel à contributions/Call for papers

(English version below)

Des chevaliers qui combattent un seigneur ténébreux pour rétablir la justice en utilisant une mystérieuse force mystique, et volent au secours de demoiselles en détresse… Voici un scénario qui sonne bien familier aux amateurs de Fantasy, et pourtant tout ceci se passe dans une galaxie très très lointaine, où les épées sont des sabres lasers et où les armes de guerre peuvent détruire des planètes entières. À bien des égards, Star Wars semble se situer sur cette frontière floue qui sépare la Science-fiction de la Fantasy, et sur laquelle s’est progressivement constitué ce que certains nomment la Science Fantasy. Celle-ci serait un sous-genre de la Fantasy selon les uns, de la Science-fiction selon les autres, et regrouperait des œuvres qui intègrent des éléments de Fantasy dans un univers typiquement SF, ou inversement des éléments de SF dans un univers de Fantasy. Les planetary romances, tels la série Barsoom d’Edgar Rice Burroughs, le cycle La Ballade de Pern d’Ann McCaffrey, ou encore celui de Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley, sont souvent cités en exemple de ce brouillage des genres avec leurs intrigues situées sur une autre planète où le merveilleux et l’inimaginable interviennent sous des dehors plus ou moins rationalisés. Les pouvoirs magiques deviennent des pouvoirs psioniques, tandis que les sociétés présentées évoquent l’époque médiévale, la technologie en plus.

Ailleurs, ce sont les comics de super-héros et leurs adaptations qui brouillent les cartes. Où classer Thor ou Wonder Woman, le premier mettant en scène l’un des plus célèbres dieux scandinaves tout en faisant d’Asgard une autre planète, et le second s’inspirant de la mythologie grecque, à commencer par le mythe des Amazones ? Sans oublier que Superman est souvent auréolé d’une aura divine, ce que rappelle le titre du jeu Injustice : Gods among us. Et que dire de Doctor Strange, super-héros maître dans les arts mystiques ?

Que ce soit en littérature, au cinéma ou en bande dessinée, quantité d’œuvres viennent interroger l’idée même de frontière entre les genres de l’imaginaire. Qu’est-ce qui sépare véritablement la Fantasy de la Science-fiction ? Comment définir les œuvres qui semblent mêler des éléments de l’une et de l’autre ? Et enfin le vocable Science Fantasy a-t-il pleinement lieu d’être, ou ce terme n’a-t-il été forgé que par méconnaissance de ce qui définit vraiment la Fantasy d’une part, et la Science-fiction d’autre part ?

Pour son troisième numéro, Fantasy Art and Studies vous invite à répondre à ces questions et poursuit ainsi son exploration de la porosité des frontières entre la Fantasy et les autres genres de l’imaginaire.

Vos articles (5-6 pages maximum), rédigés en anglais ou en français, sont à envoyer au format .doc, police Times New Roman corps 12, interligne simple, avant le 1er juillet 2017 avant le 1er septembre 2017, à fantasyartandstudies@outlook.com

 

Knights use mystic force to fight injustice and an evil lord, and come to the rescue of young maidens… This scenario sounds familiar to Fantasy fans. However all actions take place in a galaxy far, far away, where swords are replaced by light sabers, and war machines can destroy entire planets. Star Wars obviously challenges the distinction between Fantasy and Science Fiction, as it includes typical Fantasy elements in a Science Fiction setting. We are here closer to what some people call Science Fantasy, a kind of fiction that is both defined as a Fantasy and a Science Fiction subgenre. Planetary romances, such as Edgar Rice Burroughs’s Barsoom series, Ann McCaffrey’s Dragonriders of Pern series, or Marion Zimmer Bradley’s Darkover series, are often mentioned as examples of Science Fantasy, since their stories take place on another planet where the marvellous becomes more or less rationalized. In these works, wizardry is explained by local evolution, while magical powers are reinterpreted as psionic powers. The depicted societies are generally medieval, despite the presence of more advanced technology.

Elsewhere, superhero comic books and their movie adaptations confuse the issue of genre classification in imaginative fiction. Are Thor and Wonder Woman to be considered as Fantasy or as Science Fiction? Indeed the first one follows the adventures of the most famous Northern god in his dealings with both mythological creatures and alien threats on Earth, while suggesting that Asgard might be another planet. The latter heavily relies on Greek mythology, especially the myth of the Amazons, but Wonder Woman is also a member of the Justice League of America, the leader of which is Superman, an alien. Besides Superman is even blessed with a heavenly aura. This is emphasized for instance in the title of the video game Injustice: Gods among us. And what about Doctor Strange, a superhero and master of the mystic arts?

Whether in literature, movies or comics, there are plenty of works that question the frontier between the different genres of imaginative fiction. What makes Fantasy distinct from Science Fiction? How can we define the works that combine elements from both genres? And is the term “Science Fantasy” actually relevant or has it been forged because of a misconception of what Fantasy and Science Fiction really are?

 For its third issue, Fantasy Art and Studies invites you to submit papers that answer these questions, and thus keeps exploring the permeability of the borders between Fantasy and the other imaginative fiction genres.

 Your papers (5-6 pages maximum), in English or French, are to be sent in .doc format, Times New Roman 12 points, single line spacing, before July 1st 2017 September 1st 2017 at fantasyartandstudies@outlook.com

Cities and wonders/Villes et merveilles: call for papers/appel à contributions

(English version below.)

L’appel à contributions pour le deuxième numéro de Fantasy Art and Studies est désormais ouvert.

À rebours de l’image véhiculée par les médias qui voudraient faire d’elle un genre centré sur des univers d’inspiration médiévale, la Fantasy a depuis les années 1980 largement investi le monde contemporain et, en particulier, la ville moderne. Dès 1984, Charles de Lint propose avec Moonheart un récit mêlant magie, créatures de l’Autre monde, et thriller en plein Ottawa. Trois ans plus tard, c’est au tour d’Emma Bull, avec War for the Oaks, de faire entrer les fées dans le Minneapolis du XXe siècle, tandis qu’en parallèle l’éditrice Terri Windling développe l’univers partagé de The Borderland Series. La Fantasy urbaine était née. Depuis, on a pu découvrir des chefs-d’œuvre de ce sous-genre, tels Neverwhere et American Gods de Neil Gaiman ou encore Le Dernier magicien de Megan Lindholm. La Fantasy urbaine a également envahi le petit écran, avec notamment la série Once Upon a Time, et l’adaptation télévisée de The Dresden Files, ainsi que la bande dessinée, avec, entre autres, Fables de Bill Willingham.

Devenue un des sous-genres majeurs de la Fantasy, la Fantasy urbaine n’est cependant pas sans poser de nombreux problèmes de définition. En effet, en plaçant ses intrigues dans la ville moderne et, de ce fait, en faisant surgir le surnaturel dans « notre » monde, elle rebat les cartes de la séparation entre Fantasy et Fantastique. L’émerveillement frôle parfois l’horreur et le macabre, en réutilisant des schèmes gothiques, comme le faisait déjà Charles de Lint dans Moonheart.

Par ailleurs, le recours récurrent au principe de société ou de dimension parallèle pour figurer la Faërie (l’Autre monde ou Monde des esprits chez Charles de Lint, le Londres d’En-bas de Neverwhere, ou encore la Faërie comme Nouvelle Erewhon et univers parallèle dans La Guerre des Fleurs de Tad Williams), ainsi que, dans certains récits, l’exploration de la notion d’altérité sous une forme qui rappelle la thématique du mutant (voir le cycle de Frontier de Léa Silhol), rendent aussi la Fantasy urbaine proche de la Science-fiction.

On observe également une prépondérance de récits intégrant une intrigue policière.

La Fantasy urbaine apparaît ainsi comme un sous-genre de la limite, jouant sur la frontière entre les genres de l’Imaginaire, mais également entre monde moderne désenchanté et monde merveilleux.

Les contributions proposées pourront notamment s’interroger :

– sur ces multiples jeux de frontière, et sur la manière dont la Fantasy urbaine (ré)introduit le merveilleux dans la ville moderne. Quel est le sens de ce retour des fées et des dieux dans un monde qui ne croit plus en eux ?

– sur les liens que la Fantasy urbaine entretient avec les fictions urbaines du XIXe et du XXe siècles et avec la littérature policière

Vos articles (5-6 p. maximum) en anglais ou en français sont à envoyer au format .doc, police Times New Roman corps 12, interligne simple, avant le 20 décembre 2016 31 janvier 2017 à fantasyartandstudies@outlook.com

Fantasy Art and Studies second issue call for papers is now open.

Although media keep presenting Fantasy fiction as a genre focused on medieval-inspired worlds, Fantasy has largely invested the contemporary world since the 1980s, especially the modern city. In 1984, Charles de Lint offers with Moonheart a story blending magic, creatures from the Otherworld, and thriller right in the middle of Ottawa. Three years later, Emma Bull, with War for the Oaks, makes the fairies enter 20th century Minneapolis, while editor Terri Windling develops the shared universe of The Borderland Series. Urban Fantasy was born. Since then, we have discovered masterpieces of this subgenre, such as Neil Gaiman’s Neverwhere and American Gods or Megan Lindholm’s Wizard of the Pigeons. Urban Fantasy has also invaded the small screen, namely with the TV series Once Upon a Time and the TV adaptation of The Dresden Files, as well as comics, with for instance Bill Willingham’s Fables.

Now one of the major Fantasy subgenres, Urban Fantasy however arises the issue of the definition of Fantasy. Indeed, by placing its narratives in the modern city and, thus, by making the supernatural occur in “our” world, it reshuffles the cards in the separation between Fantasy and Fantastique/Gothic fiction. Wonder sometimes borders horror and the macabre, reusing Gothic schemes, as it was already the case in Charles de Lint’s Moonheart.

Besides, the recurring use of the principle of a parallel society or dimension to represent Faërie (the Otherworld or Spiritworld in Charles de Lint’s fiction, London Below in Neverwhere, or Faërie as New Erewhon and parallel universe in Tad Williams’s War of the Flowers), as well as, in some narratives, the exploration of alterity in a way which reminds of the mutant theme (see for instance Léa Silhol’s Frontier series in French), also make Urban Fantasy close to Science-Fiction.

It can be similarly observed that many stories include a thriller plot.

Urban Fantasy consequently appears as a borderline subgenre, playing on the frontier between the different imaginative fiction genres, but also between the disenchanted modern world and the marvellous one.

 You might question (but not exclusively):

– these multiple frontier games, and the way Urban Fantasy (re)introduces wonder in the modern city. What is the sense of this return of fairies and gods in a world which no longer believes in them?

– the links between Urban Fantasy and the 19th and 20th century urban fictions, or/and detective/crime literature.

 Papers (5 to 6 pages maximum) in English or French are to be sent in .doc format, Times New Roman 12 points, single line spacing, before December 20th 2016 January 31st 2017 to fantasyartandstudies@outlook.com