CfP : Fairy Tales and Fantasy Fiction / Contes de fées et Fantasy

(English version below)

Arthur Rackam's fairies illustration

En 1947, Tolkien publie « Du conte de fées » (« On Fairy Stories »), un essai consacré aux contes de fées issu de sa conférence Andrew Lang de 1939, depuis devenu la base de la théorisation du genre de la Fantasy moderne. Cet essai a en effet popularisé dans la critique spécialisée les termes de monde secondaire, subcréation et subcréateur.

Pourtant le texte de Tolkien, souvent présenté comme étant davantage une réflexion sur la propre conception littéraire de l’auteur et son œuvre de Fantasy, est bien censé porter sur les contes de fées et en proposer une définition et une présentation des caractéristiques principales, à l’instar de l’eucatastrophe, concept forgé par Tolkien pour désigner la fin heureuse des contes et qu’on peut mettre en perspective avec l’éthique naïve de ces récits, telle qu’examinée par André Jolles dans son ouvrage Formes simples (1930).

S’il pourrait par conséquent sembler remarquable que l’essai de Tolkien soit devenu la base de la théorisation de la Fantasy, ceci n’étonne guère les chercheurs qui étudient ce genre de l’imaginaire, tant la Fantasy emprunte régulièrement au personnel merveilleux du conte de fées et à sa structure. On n’oubliera pas du reste que Tolkien lui-même considérait le Seigneur des Anneaux comme un conte pour adultes et que son œuvre n’est pas exempte d’éléments, de motifs, provenant des contes. De plus, la réécriture de contes de fées est récurrente au sein de la Fantasy au point d’être devenue un passage obligé du genre pour les auteurs, volontiers encouragé par les éditeurs. On peut citer à ce propos la série d’anthologies dirigées par Terri Windling et Ellen Datlow, Snow White, Red Blood, dont le premier volume est dédié à Angela Carter, elle-même connue pour ses réécritures de contes. On citera également les romans de la collection The Fairy Tale Series, également dirigée par Terri Windling et qui rassemble, entre autres, White as Snow de Tanith Lee (réécriture de Blanche-Neige) et Briar Rose de Jane Yolen, basé sur la Belle au Bois dormant.

L’appétence des auteurs de Fantasy pour les contes de fées et leur univers semble même devenue une tendance particulièrement vivace ces dernières années avec la publication de nombreuses œuvres s’en inspirant telles que The Winternight Trilogy de Katherine Arden, les romans Déracinée (Uprooted) et La Fileuse d’argent (Spinning Silver) de Naomi Novik, et, plus récemment, For the Wolf de Hannah Whitten ou encore A Spindle Splintered d’Alix E. Harrow. La prépondérance dans ce registre d’œuvres signées par des femmes et ayant pour protagoniste principal une femme invite au passage à s’interroger sur la potentielle dimension féministe de ces récits souvent désignés sous le terme de Fairy-tale Fantasy, et n’est pas sans donner du crédit à l’affirmation de Terri Windling selon laquelle la Fantasy se diviserait en deux grandes catégories, une Fantasy épique masculine et une Fantasy de contes de fées, plus domestique et féminine (Terri Windling, « De Tolkien et du conte de fées », dans Karen Haber dir., Méditations sur la Terre du Milieu, traduction de Mélanie Fazi, Paris, Bragelonne, 2003 [2001], p.230), même si l’on peut observer que les auteurs masculins ne sont pas en reste. À titre d’exemple, on citera la nouvelle « Snow, Glass, Apples » de Neil Gaiman et The Sleeper and the Spindle du même.

Par ailleurs, on a pu voir au cinéma la Fantasy investir le conte de Blanche-Neige sous le prisme épique de la High Fantasy avec la franchise Blanche-Neige et le Chasseur, exemple des multiples réappropriations des contes par le genre.

Pour son 12e numéro, la revue Fantasy Art and Studies invite donc les chercheurs à proposer des articles sur les rapports entre Fantasy et contes de fées. Les sujets abordés pourront notamment inclure :

  • la place du conte de fées dans le développement et la théorisation de la Fantasy,
  • les réécritures de contes de fées en Fantasy,
  • Fairy-tale Fantasy et écriture féminine et/ou féministe.

Merci d’envoyer vos propositions d’articles en anglais ou en français (abstracts, 500 mots max.) au format .doc ou .docx à fantasyartandstudies@outlook.com au plus tard le 25 octobre 2021.

Envoi des articles complets : 5 mars 2022.

Consignes de mise en forme : https://fantasyartandstudies.files.wordpress.com/2020/05/consignes-de-mise-en-forme.pdf


In 1947, Tolkien published “On Fairy Stories”, an essay on fairy tales which grew out of his 1939 Andrew Lang Lecture and has since become the basis for the theorisation of the modern Fantasy genre. This essay popularised the terms secondary world, subcreation and subcreator in specialist criticism. Yet Tolkien’s text, often presented as being more a reflection on the author’s own literary conception and his Fantasy work, is indeed supposed to be about fairy tales and to offer a definition and presentation of their main characteristics, such as the notion of eucatastrophe, a concept coined by Tolkien to refer to the happy ending of fairy tales and which can be put into perspective with the naïve ethics of these tales, as examined by André Jolles in his book Simple Forms (1930).

While it might therefore seem remarkable that Tolkien’s essay has become the basis for the theorisation of Fantasy, this is hardly surprising to Fantasy scholars, as Fantasy regularly borrows from the marvellous staff and structure of the fairy tale. It should not be forgotten that Tolkien himself considered The Lord of the Rings to be a fairy tale for adults and that his work is not free of elements and motifs from fairy tales. Moreover, the rewriting of fairy tales is recurrent within Fantasy to the point of having become an obligatory part of the genre for authors, willingly encouraged by publishers. One can mention in this respect the series of anthologies edited by Terri Windling and Ellen Datlow, Snow White, Red Blood, the first volume of which is dedicated to Angela Carter, herself known for her rewrites of fairy tales. The Fairy Tale Series, also directed by Terri Windling, includes White as Snow by Tanith Lee (a rewriting of Snow White) and Briar Rose by Jane Yolen, based on Sleeping Beauty.

Fantasy authors’ appetite for fairy tales and their universe seems to have become a particularly lively trend in recent years with the publication of numerous works inspired by them, such as Katherine Arden’s The Winternight Trilogy, Naomi Novik’s Uprooted and Spinning Silver, and, more recently, Hannah Whitten’s For the Wolf and Alix E. Harrow’s A Spindle Splintered. The preponderance in this field of works signed by women and having a woman as the main protagonist invites us to question the potential feminist dimension of these stories often referred to as Fairy-tale Fantasy, and lends credence to Terri Windling’s assertion that Fantasy can be divided into two main categories, a masculine epic Fantasy and a more domestic and feminine Fairy-tale Fantasy (Terri Windling, “On Tolkien and Fairy Stories”, in Karen Haber ed., Meditations on Middle-Earth, New York, St-Martin’s Press, 2001, p.215-sq), even if we can observe that male authors are not left out. Examples include Neil Gaiman’s “Snow, Glass, Apples” and The Sleeper and the Spindle.

Moreover, we have seen in cinema Fantasy invest the tale of Snow White under the epic prism of High Fantasy with the Snow White and the Huntsman franchise, an example of the multiple re-appropriations of fairy tales by the genre.

Therefore, for its 12th issue, the journal Fantasy Art and Studies invites researchers to submit papers on the relationship between Fantasy and fairy tales. Topics may include:

  • the place of the fairy tale in the development and theorisation of Fantasy,
  • rewritings of fairy tales in Fantasy,
  • Fairy-tale Fantasy and women’s and/or feminist writing.

Please send your paper proposals in English or French (abstracts, 500 words max.) in .doc or .docx format to fantasyartandstudies@outlook.com by 25 October 2021.

Submission of full papers: 5 March 2022.

Submission guidelines: https://fantasyartandstudies.files.wordpress.com/2020/05/submission-guidelinesen.pdf

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