CfP: Oceans of Wonders / Océans merveilleux

(English version below)

dauphins dans l'océanSi l’humain a su s’approprier l’essentiel du ciel et de la terre, force est de constater que les mers et les océans qui couvrent plus de 70% de la planète demeurent pour lui source de mystère et, par extension, d’imaginaires. À de nombreuses reprises, la Fantasy a exploré les univers maritimes et sous-marins, que ce soit en littérature, en bande dessinée mais aussi au cinéma et dans le domaine du jeu vidéo. On pense évidemment aux aventures du Capitaine Nemo et de sa clique héritée des grands standards de la littérature dans le comics La Ligue des Gentlemen extraordinaires (The League of Extraordinary Gentlemen) d’Alan Moore et Kevin O’Neill mais aussi aux créatures souvent malfaisantes issues des abysses dans la franchise Pirates des Caraïbes (Pirates of the Caribbean), produite par Disney, ou encore la multitude de vaisseaux sous-marins qui hante diverses œuvres, notamment celui de l’école Durmstrang dans Harry Potter et la Coupe de Feu (Harry Potter and the Goblet of Fire) de J. K. Rowling.

Il y a la surface, c’est-à-dire le monde des hommes, et puis il y a ce qui se trouve en dessous et surgit parfois des eaux pour semer le chaos ou tout simplement entrer en contact avec notre espèce, à l’instar du personnage éponyme d’Ondine de Jean Giraudoux ou La Petite Sirène d’Andersen. Et puis il y a les profondeurs, les abysses, l’inconnu et parfois même l’horreur, desquelles surgissent monstres et âmes corrompues par les flots : le village des pêcheurs du jeu vidéo Bloodborne, essentiellement inspiré de l’imagerie victorienne et des récits cauchemardesque de Lovecraft, constitue les vestiges d’une communauté que la mer a transformée en horde sauvage, au même titre que celui que l’on retrouve dans Sekiro, autre production vidéoludique de Hidetaka Miyazaki, un alcool empoisonné ayant consumé la raison des habitants, que la dureté du mode de vie a poussé à boire jusqu’à devenir fous.

Mais la Fantasy océanique ne se limite pas seulement aux mondes peuplés de créatures aquatiques et peut écrire ses récits à travers les exploits des hommes tout en créant une forme de narration bien particulière. En ce sens, le manga One Piece d’Eiichiro Oda est l’exemple type d’un modèle procédural de narration : lancé sur l’océan de Grand Blue, l’équipage du Sunny vogue d’île en île et chaque parcelle de terre au milieu des flots est l’occasion de renouveler l’intrigue et de donner lieu à un nouvel arc narratif. En matière de narration et de renouvellement des récits, certaines zones géographiques et infrastructures océaniques sont des sources inépuisables de création, comme le souligne notamment Lauric Guillaud dans son ouvrage consacré aux mythes de l’Atlantide. Les mers et les océans sont vastes, regorgent de zones inexplorées et de créatures inconnues, et ce sont leurs mystères et leurs zones d’ombre qui en font des sources d’inspiration constamment réactualisées depuis plusieurs dizaines de siècles.

Des chants enjôleurs des sirènes aux complaintes assourdissantes des krakens tapis dans les abysses ; des vieux loups de mer les plus alcoolisés aux plus flamboyants des corsaires ; des explorateurs et exploratrices passionnés aux peuplades faisant corps avec les vastes étendues d’eau à pertes de vue ; des cités utopistes mais corrompues, telles la Rapture de Bioshock aux cavernes les plus ténébreuses dans lesquelles se cachent de terrifiantes créatures : les mondes océaniques regorgent de thématiques et de dichotomies. Comment l’opposition entre le monde de la surface maritime et celui des abysses permet-elle une diversité des récits, sinon un renouvellement ? Comment les mythes, les contes et les légendes servent-ils de terreaux aux imaginaires de la mer et de l’océan ? Reste-t-il des zones inexplorées par ce thème aussi présent que persistant dans la Fantasy ? Qu’il s’agisse d’œuvres se déroulant dans un monde où la mer est omniprésente, comme le cycle de Terremer (Earthsea) d’Ursula K. Le Guin et Les Aventuriers de la mer (The Liveship Traders) de Robin Hobb, ou certains arcs narratifs notamment dans le manga Berserk de Kentaro Miura et son terrifiant Dieu de la mer, la Fantasy semble toujours revenir au large et à ses mystères pour se réinventer et explorer à nouveau des environnements et des bestiaires qui évoluent toujours sur des bases immémoriales. En ce sens les immram ou immrama, ces récits de voyage et de navigation appartenant aux mythes celtiques, forment une base solide et renouvelable d’aventures et d’explorations tout autant que certains grands textes de la culture grecque antique mais aussi arabo-perse comme Sinbad le marin.

Pour son 11e numéro, Fantasy Art and Studies vous invite à soumettre vos articles explorant les rapports entre Fantasy et imaginaires océaniques.

Les sujets peuvent inclure mais ne sont pas limités à :

  • les imaginaires de la surface, entre récits de navigation et explorations insulaires,
  • les imaginaires des profondeurs,
  • la mer et l’océan comme moteurs de structures narratives,
  • les faits historiques et les légendes entourant l’océan et leur réactualisation dans la Fantasy,
  • l’esthétique océanique et maritime dans la Fantasy, des lieux comme des personnages.

Votre article (30 000 signes max., espaces comprises), rédigé en anglais ou en français, est à envoyer au plus tard le 25 juin 2021 à fantasyartandstudies@outlook.com

Veuillez prendre connaissance des consignes de mise en forme détaillées avant tout envoi : https://fantasyartandstudies.files.wordpress.com/2020/05/consignes-de-mise-en-forme.pdf


Although humans have been able to appropriate most of the sky and earth, it is clear that the seas and oceans that cover more than 70% of the planet remain a source of mystery and, by extension, of imagination. On numerous occasions, Fantasy has explored the maritime and underwater worlds, whether in literature, comics, but also in cinema and video games. One thinks, of course, of the adventures of Captain Nemo and his clique inherited from the great standards of literature in the comics The League of Extraordinary Gentlemen by Alan Moore and Kevin O’Neill, but also of the often evil creatures from the abyss in the Pirates of the Caribbean franchise, produced by Disney, or the multitude of underwater vessels that haunt various works, including the ship of the Durmstrang school in J.K. Rowling’s Harry Potter and the Goblet of Fire.

There is the surface, that is to say the world of men, and then there is what lies beneath and sometimes rises from the waters to sow chaos or simply come into contact with our species, like the eponymous character in Jean Giraudoux’s Ondine or Andersen’s The Little Mermaid. And then there are the depths, the abyss, the unknown and sometimes even the horror, from which monsters and souls corrupted by the waves emerge : the fishing village in the video game Bloodborne, based mainly on Victorian imagery and Lovecraft’s nightmarish tales, is the remnants of a community that the sea has transformed into a wild horde, just as in Sekiro, another video game production by Hidetaka Miyazaki, a poisoned alcohol has consumed the reason of the inhabitants, whom the harshness of the lifestyle has driven to drink until they go mad.

But Ocean Fantasy is not only limited to worlds populated by aquatic creatures and can write its stories through the exploits of men while creating a very particular form of narration. In this sense, Eiichiro Oda’s manga One Piece is a typical example of a procedural model of narration: launched on the Grand Blue Ocean, the crew of the Sunny sails from island to island and each piece of land in the middle of the waves is an opportunity to renew the plot and give rise to a new narrative arc. In terms of narration and renewal of stories, certain geographical areas and oceanic infrastructures are inexhaustible sources of creation, as Lauric Guillaud notably underlines in his work devoted to the myths of Atlantis. The seas and oceans are vast, teeming with unexplored areas and unknown creatures, and it is their mysteries and shadowy areas that make them sources of inspiration that have been constantly updated for several tens of centuries.

From the enchanting songs of the mermaids to the deafening laments of the krakens lurking in the abyss; from the most alcoholic old sea wolves to the most flamboyant privateers; from the passionate explorers to the tribes who are one with the vast expanses of water as far as the eye can see; from utopian but corrupt cities, such as Bioshock‘s Rapture to the darkest caves in which terrifying creatures hide: the ocean worlds are full of themes and dichotomies. How does the opposition between the world of the sea surface and that of the abyss allow for a diversity of narratives, if not a renewal? How do myths, tales and legends provide a breeding ground for the imaginations of the sea and the ocean? Are there still areas unexplored by this theme, which is both particularly present and persistent in Fantasy? Whether these are works set in a world where the sea is omnipresent, such as Ursula K. Le Guin’s Earthsea series, Robin Hobb’s The Liveship Traders, or certain narrative arcs, notably in Kentaro Miura’s manga Berserk and its terrifying God of the Sea, Fantasy always seems to return to the open sea and its mysteries in order to reinvent itself and explore once again environments and bestiaries that still evolve on immemorial bases. In this sense the immram or immrama, these tales of travel and navigation belonging to Celtic myths, form a solid and renewable basis for adventures and explorations as much as certain great texts of ancient Greek culture but also Arab-Persian such as Sinbad the Sailor.

For its 11th issue, Fantasy Art and Studies invites you to submit papers exploring the relationship between Fantasy and the ocean imaginary.

Topics may include but are not limited to :

  •  the imaginary of the surface, between navigational narratives and island explorations,
  • the imaginations of the depths,
  • the sea and the ocean as motors of narrative structures,
  • the historical facts and legends surrounding the ocean and their re-actualisation in Fantasy,
  • the oceanic and maritime aesthetics in Fantasy, from places as well as characters.

Your paper (30 000 characters max., spaces included), written in English or French, is to be sent no later than June 25, 2021 at fantasyartandstudies@outlook.com

Please read our detailed submission guidelines before forwarding your paper: https://fantasyartandstudies.files.wordpress.com/2020/05/submission-guidelinesen.pdf

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