CfP Victorian Roots/Racines victoriennes

(English version below)

 

Dans son ouvrage pionnier dans l’étude de la Fantasy en France (La Fantasy, Paris, Klincksieck, 2007), Anne Besson réfute l’idée selon laquelle la Fantasy serait aussi ancienne que les épopées d’Homère – une idée souvent défendue par les auteurs de Fantasy dans une stratégie de légitimation du genre –, et considère au contraire que le genre n’a commencé à se développer qu’à partir de l’époque victorienne, en Grande-Bretagne. Elle réaffirme cette position dans le MOOC consacré à la Fantasy qu’elle a lancé à l’Université d’Artois, et dont le sous-titre est « De l’Angleterre victorienne au Trône de fer ».

On peut difficilement nier que la Fantasy, comme les autres genres de l’imaginaire, a en effet commencé à émerger pendant l’ère victorienne, une période où le surnaturel fascinait aussi bien les écrivains que les peintres. On peut ainsi voir un lien entre la vogue de la peinture féerique au 19e siècle, étudiée par Nicola Bown dans Fairies in Nineteenth Century Art and Literature (Cambridge University Press, 2001), et le développement de ce type de fiction. Des thèmes, comme celui du départ des fées, sont traités aussi bien dans la peinture que dans la poésie de l’époque, et perdurent un siècle plus tard dans les œuvres de Tolkien. L’Autre monde féerique est exploré sur scène et dans la littérature jeunesse en plein essor. À côté des œuvres de George McDonald, la littérature jeunesse donne aussi naissance à des œuvres inclassables, tels les romans de Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles et Alice De l’Autre côté du miroir, qui demeurent encore aujourd’hui une source majeure d’inspiration pour les auteurs de Fantasy.

Le 19e siècle est aussi une période où l’on redécouvre le folklore européen. Dans le sillage des frères Grimm, les folkloristes collectent les contes de fées et se mettent à appliquer des méthodes scientifiques pour les étudier (voir à ce sujet l’introduction de Jack Zipes à Victorian Fairy Tales: The Revolt of the Fairies and Elves, New York, Routledge, 1989). La légende arthurienne n’est pas oubliée, avec, par exemple, les Idylles du Roi de Tennyson (publiées entre 1859 et 1885). De même, les préraphaélites et le mouvement Arts and Crafts s’inspirent du Moyen Âge, et les romans de William Morris préfigurent ceux de Tolkien. Les fées sont partout, et même le célèbre critique d’art John Ruskin commet un récit de Fantasy, The King of the Golden River, en 1850.

L’ère victorienne est aussi une période de transition entre le monde préindustriel et le monde moderne, et si les superstitions reculent, l’on croit encore volontiers au Petit Peuple dans les Îles britanniques, ce qu’illustrent les affaires de changelings comme celle de Bridget Cleary en Irlande en 1895, ou encore, vers la fin de la période, dans un registre moins tragique, l’histoire des fées de Cottingley à laquelle Sir Arthur Conan Doyle prend part.

Assurément l’époque victorienne fut particulièrement fructueuse pour l’émergence des littératures de l’imaginaire. Désormais, alors que d’une part la fiction néo-victorienne (qui inclut aussi bien la Gaslamp Fantasy que, côté SF, le Steampunk) prend de plus en plus d’essor, avec des œuvres comme Jonathan Strange et Mr Norrell de Susanna Clarke (récemment adaptée en série TV par la BBC), le cycle de Chrestomanci de Diana Wynne Jones, la saga Emma Bannon et Archibald Clare de Lilith Saintcrow, les Mémoires de Lady Trent de Marie Brennan, ou encore le récent cycle Shades of Magic de V.E. Schwab, et alors que d’autre part les deux films Disney en prises de vue réelles d’Alice au Pays des Merveilles et Alice de l’Autre côté du miroir transforment le célèbre personnage de Lewis Carroll en héroïne de Fantasy, il paraît judicieux de revenir aux racines victoriennes de la Fantasy. Que peuvent-elles nous apprendre sur le genre tel que nous le connaissons aujourd’hui ? Et quel héritage laissent les œuvres de Fantasy victoriennes ?

Pour son quatrième numéro, Fantasy Art and Studies vous invite donc à explorer les racines victoriennes de la Fantasy, des œuvres qui ont créé le genre à leur influence sur la Fantasy actuelle, en passant par le développement des études sur le folklore, la redécouverte des romans médiévaux et l’importance de la figure féerique durant l’ère victorienne.

Vos articles (5 à 6 pages maximum), rédigés en français ou en anglais, sont à envoyer au format .doc, en Times New Roman corps 12, interligne simple, avant le 10 décembre 2017 à fantasyartandstudies@outlook.com

 

In her seminal work about Fantasy fiction in French criticism (La Fantasy, Paris, Klincksieck, 2007), Anne Besson refutes the idea that Fantasy is as old as Homer’s epics – a statement often defended by Fantasy writers in order to legitimate their fiction –, and argues that this fictional genre has only started to develop in Victorian Britain. This is re-affirmed in the MOOC on Fantasy fiction she has been co-running at Université d’Artois (France), and which is subtitled “De l’Angleterre victorienne au Trône de fer” (= From Victorian Britain to A Song of Ice and Fire).

It can hardly be denied that Fantasy, like other imaginative fiction genres, did indeed start to flourish during the Victorian era, a period when the supernatural fascinated writers and painters alike. We can see a connection with the vogue of fairy painting in the 19th century, that Nicola Bown studied in Fairies in Nineteenth-Century Art and Literature (Cambridge University Press, 2001), and the emergence of such fiction. Themes such as the fairies farewell are to be found both in paintings and in poetry of the time, and are still present one century later in Tolkien’s works. Fairyland is explored on stage and in the developing children’s literature. Along with George McDonald’s works, children’s literature also gives birth to unclassifiable works, namely Lewis Carroll’s Alice’s Adventures in Wonderland and Through the Looking Glass, which remain an important source of inspiration for today’s Fantasy authors.

The 19th century is also a time of rediscovery of European folklore. Following the Grimm brothers, folklorists collect fairy tales and start to apply scientific methods to study them (see for instance Jack Zipes’s introduction to Victorian Fairy Tales: The Revolt of the Fairies and Elves, New York, Routledge, 1989). The Arthurian legend is not forgotten with, for instance, Tennyson’s Idylls of the King (published between 1859 and 1885). Similarly, Pre-Raphaelites and the Arts and Crafts movement turn back to medieval influences, and William Morris’s romances prefigure Tolkien’s works. Fairies are everywhere and even the famous art critic John Ruskin publishes a Fantasy story, The King of the Golden River, in 1850.

The Victorian era is also a period of transition between the old pre-industrialised world and the modern one, and though superstitions recede, the belief in the Little People is still high in the British Isles, hence changeling affairs such as the Bridget Cleary case in Ireland in 1895, or, by the end of the period, the less ominous story of the Cottingley fairies involving Sir Arthur Conan Doyle.

Undoubtedly the Victorian era was a fruitful period for the emergence of imaginative fiction. Now, at a moment when Neo-Victorian fiction (which includes Gaslamp Fantasy, and the Steampunk subgenre in Science Fiction) has become more and more popular, with works such as for instance Susanna Clarke’s Jonathan Strange and Mr Norrell (recently adapted into a TV series by the BBC), Diana Wynne Jones’s Chrestomanci Series, Lilith Saintcrow’s Bannon and Clare Series, Marie Brennan’s Memoirs of Lady Trent, or the recent Shades of Magic Series by V. E. Schwab, and after the two live action Disney movies Alice in Wonderland and Alice Through the Looking Glass have reinvented Lewis Carroll’s famous character into a Fantasy heroine, it seems necessary to go back to the Victorian roots of Fantasy. What can they tell us about the fictional genre we know today? And what is the legacy of Victorian Fantasy works?

 So, for its fourth issue, Fantasy Art and Studies invites you to explore the Victorian roots of Fantasy, from the works which created the genre to their influence on current Fantasy fiction, through the development of folklore studies, the rediscovery of medieval romances and the importance of the fairy figure during the Victorian era.

 Papers (5 to 6 pages maximum) in English or French are to be sent in .doc format, Times New Roman 12 points, single line spacing, before December 10th 2017 to fantasyartandstudies@outlook.com

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